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23.11.2006

LA ROUTE D’UZES : UN ENTONNOIR HYDRAULIQUE AU BEC VERSEUR DE PLUS EN PLUS REDUIT

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«La ville de NÎMES se trouve à la limite de la garrigue calcaire et de la plaine alluvionnaire de la Vistrenque dans une petite reculée en forme de cirque limité par cinq collines au Nord qui la protègent des vents venant du Nord. La topographie particulière du site de NÎMES forme un microclimat et les nuages venant de la mer remontant par la Vistrenque s'élèvent et se bloquent sur les collines nîmoises donnant ainsi naissance à des pluies violentes et importantes sur les bassins versants des Cadereaux».

Les cadereaux qui collectent les eaux tombées sur les collines convergent vers la ville de NÎMES et la traversent avant de se jeter dans le Vistre, orienté NE-SW, qui est l'axe de drainage majeur de ces derniers.

Les bassins versants des cadereaux sont constitués par un ensemble de formations géologiques très peu perméables et avec de fortes pentes. Les eaux pluviales qui s’y infiltrent très difficilement, ont tendance à ruisseler et à acquérir des vitesses importantes à l'entrée de la ville de NÎMES, créant ainsi des inondations catastrophiques.

La ville de NÎMES qui a, semble-t-il, toujours été soumise à de violents épisodes pluvieux, se trouve de plus en plus souvent victime d’inondations d’autant plus spectaculaires et dommageables que la ville et ses cadereaux sont depuis bien longtemps de moins en moins adaptés pour évacuer des masses d’eaux considérables.


LA ROUTE D’UZES : UN ENTONNOIR HYDRAULIQUE AU BEC VERSEUR DE PLUS EN PLUS REDUIT
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La cause ? Un urbanisme qui, depuis plus d’un siècle, ne prend plus en compte les conditions très particulières du site et se traduit notamment par une recouvrement immobilier galopant ignorant une orientation nord-sud qui permettrait un écoulement adapté des eaux pluviales vers le bassin du Vistre, réceptacle naturel de tous les cadereaux nîmois.

D’après le rapport Ponton réalisé à la suite de la catastrophe de NÎMES de 1988, à chaque fois, tout commence au nord par des ruissellements collinaires sur de petits bassins versants pentus dominant immédiatement la ville (pour faire simple, le camp des garrigues)

L’urbanisation de ces bassins versants ainsi que le déboisement, responsables d’une rapide saturation du sol augmentent fortement les coefficients de ruissellement, diminuent les temps de concentration et accélèrent les écoulements à fort débit.

Facteur aggravant, les lits de ces bassins versants sont de plus en plus enserrés dans des ouvrages routiers d’autant plus étroits qu’ils ont été systématiquement encadrés par toujours plus d’habitations et surtout de murs de clôtures étanches. Ce qui rabat inexorablement les eaux pluviales excédentaires vers la ville, dans le sens nord sud par un seul passage obligé : la Route d’Uzès.

Plus en aval, à la porte nord-est de l’agglomération, un constat d’évidence s’impose: alors que les masses d’eaux pluviales superficielles, pour des orages identiques, ont considérablement augmenté depuis une quarantaine d’années, le seul « cheminement spontané des eaux » reste donc la seule Route d’Uzès qui, en aval, débouche sur un redoutable goulet : le pont du Chemin de fer …

A cet égard, en novembre 1994 un Rapport d’une Commission d’enquête sur les causes des inondations et les moyens d’y remédier constatait pour la nième fois :
« Le cas de NÎMES n'est qu'un exemple parmi tant d'autres…Non seulement l'imperméabilisation des grandes surfaces (lotissements, parkings, routes, aéroports, zones commerciales et industrielles) accélère le débit de l'eau, mais l'écoulement de celle-ci est en outre gêné du fait de l'inadaptation fréquente des réseaux d'évacuation des eaux pluviales ou de l'implantation de grandes voies d'accès ou de ponts de chemins de fer, par exemple, qui se transforment alors en véritables retenues »
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