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25.11.2006

LE GOULET D’ETRANGLEMENT DU PONT DE CHEMIN DE FER DE LA ROUTE D’UZES

A l'entré nord-est de Nîmes, par gros orage, les flots qui descendent des collines se trouvent brusquement arrêtés d’est en ouest par un remblai de taille: la voie ferrées Nîmes-Alès, dotée d’un ouvrage de franchissement totalement insignifiant, à savoir le Pont de chemin de fer à hauteur de la rue Kleber !

Ce talus qui s’étend grosso modo de la Montagnette à la Croix de fer constitue, en effet, un premier barrage
quasiment infranchissable et les flots qui le longent de part et d’autre n’ont qu’une seule issue : s’engouffrer dans le goulet du Pont de chemin de fer et dévaler à très grande vitesse le long de la Route d’Uzès puis la rue Vincent Faïta, ...

Pareil goulet d’étranglement, seul exutoire d’évacuation vers le centre-ville, constitue une source incontournable de concentration et d’accélération pour les masses d’eaux considérables qui déferlent dans ce secteur de NÎMES.

SUPPRESSION DE LA DOUASSE ET AMPUTATION DU CADEREAU DU MAS VERDIER


Un peu plus loin encore, en aval, les eaux en provenance du versant est de la colline du Mas du Diable, du versant nord du Mont Duplan, des versants ouest de Serre cavalier et Serre Paradis s’ajoutent aux énormes masses d’eaux qui, dégringolant du camp des Garrigues, ont franchi le pont de la Route d’Uzès s’engouffrent à vive allure vers le rond point du SERNAM et le quartier Richelieu balayant au passage tout le secteur Hoche-sernam, Jean Bouin, Sully.

Ces eaux qui, depuis la Gazelle au moins, ont inexorablement débordé du cadereau – lequel sera toujours incapable d’absorber autant d’eau - ne rencontrent sur leur passage aucun « champ d’expansion et d’amortissement » de crue ni aucune « trajectoire déflectrice ».


Quant au cadereau d’Uzès, sa mission devient d’autant plus dérisoire qu’à hauteur de la rue Hoche, à sa jonction avec le cadereau du chemin des limites - lui-même saturé – celui-ci est sensé en recueillir les eaux ainsi que celles se déversant dans la rue Sully à partir du versant nord du Mont Duplan …

Rappelons qu’autrefois, avant de pénétrer dans le cœur de ville, les eaux pluviales qui n’étaient pas arrêtées par le talus de la voie ferrée Alès-NÎMES pouvaient, par différents trajets, se déverser dans deux cadereaux : celui de la Douasse qui se confondait avec la rue Pitot (anciennement chemin de la Douasse) mais surtout aussi, par une des branches du cadereau du Mas Verdier laquelle prolongeait le chemin de Tacat (en partie actuelles rue Jean Bouin et Jules Verne) joignant alors le chemin d’Uzès (actuelle route d’Uzès), au chemin d’Avignon (actuelle route d’Avignon).

Malheureusement, ces cadereaux qui soulageaient grandement celui d’Uzès ont purement et simplement disparu à cause de l’implantation des emprises du chemin de fer qui, d’ouest en est (de la Route d’Uzès à Courbessac/Pont de Justice) constituent, depuis les années 1850, un second barrage hydraulique quasiment infranchissable qui rabat quasiment toutes les eaux pluviales vers les quartiers Richelieu, les rues Sully et Pierre Semard

D’autant que pour permettre le raccordement du viaduc TALABOT aux voies s’engageant en direction de Courbessac, il fallut aplanir le site (en pente nord sud légère) en le rehaussant d’environ un mètre tout au long des voies en bordure du cimetière Saint Baudile (pour s’en convaincre, il suffit de se rendre sur place)

Au surplus, toute la zone en déclivité entre l’actuel Pont du Diable et le débouché du chemin de Serre Paradis a été remblayé sur au moins 3 mètres de hauteur en allant vers le Pont de Justice (voir, par exemple, le terre plein dominant la rue Vignaud et celui longeant la Route d’Avignon)

Il est désolant qu’en compensation, aucun écoulement souterrain ni de surface n’ait quasiment jamais été réalisé afin de maintenir le sens d’écoulement naturel des eaux pluvio-orageuses assuré jusque là, tant par le cadereau d’Uzès que par la Douasse et le cadereau du Pont du Diable/Mas Verdier.

Pourtant quelques années après l’aménagement des voies de chemin de fer, la presse locale constatait, par exemple, déjà le 3 juin 1859 :
« La trombe qui, vendredi dernier s'est abattue sur la ville de NÎMES et son territoire, principalement dans le bassin dont la route d’Uzès occupe le fond, a versé une masse d'eau plus considérable qu'aucune de celles dont les observations météorologique fassent mention, On ne l'évalue pas à moins de 36 cm dans l'espace de près de quatre heures, Il devait en résulter un véritable fleuve d'une force irrésistible dans le bas de la vallée, c'est-à-dire à l'entrée du faubourg d'Uzès, i1 n'est pas étonnant dès lors, que les maisons de ce quartier aient été envahies jusqu'à une hauteur de 1 mètre à 1,50 m et que les rues aient présenté l'aspect de torrents impétueux »
« Messieurs les ingénieurs ont reconnu qu'une des causes qui a aggravé les malheurs, est le rétrécissement successif apporté au cadereau par le chemin de fer »

« L'administration prendra sans aucun doute les mesures propres à fournir désormais aux eaux les débouchés les plus larges pour éloigner ou amoindrir, autant que possible, des malheurs que la prévoyance humaine ne peut pas complètement éviter. " ...

Cent cinquante ans après, peu de choses ont changé !

Cette vaste emprise foncière "en cul de sac" sans exutoire, qui sert néanmoins de bassin d’infiltration et de retardement de crue est régulièrement submergée par des hauteurs d’eaux impressionnantes (1,50 mètre en octobre 1988) en provenance notamment de Serre Cavalier, de la rue Jean Bouin ou qui refluent du rond point du SERNAM (plusieurs millions de mètres cubes en octobre 1988 par exemple)

Ce que confirme encore une fois un Rapport national consécutif aux crues de septembre 2002 » : « Les voies ferrées dans NÎMES ont été submergées en particulier à la gare de marchandises. La transparence des voies y pose des questions »

A l’évidence donc, cette « zone d’aléa fort situé en plein secteur urbain de NÎMES », selon les services l’Equipement, contribue toujours à amplifier les inondations qui frappent le rond point du SERNAM, le quartier Richelieu, la rue Pierre Semard et la « bien malheureuse » rue Vincent Faïta.

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