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01.03.2009

De 1994 à aujourd'hui, dans le Gard, les enjeux ferroviaires ont évolué

Indubitablement le viaduc de Courbessac (Jean Bouin) en rapprochant Alès de Montpellier par l'artère historique obligera les Alésiens et les Nîmois à se rendre sur Montpellier Nouveau Saint Roch pour accéder à la quasi totalité des TGV ... Quelle aubaine ... mais pour pour qui ?

Quasiment personne ne veut comprendre parmi les élus du Gard ( pourquoi tant de "naïveté" ?) que le viaduc de Courbessac (qui ne sera jamais électrifié) condamne par avance toute velléité de construction d'une Gare TGV sur Manduel (ou Garons) alors que 90% des TGV emprunteront désormais le contournement de Nîmes sans plus passer par Nîmes Feuchères

Et, au passage, adieu à une exploitation rationnelle (train tram) de la voie ferrée actuelle Nîmes-Alès-Nîmes... et à l'utilisation privilégiée des délaissés ferrovaires de la Route de Courbessac (au bas de Serre Pardis) pour y contruire une gare d'échange avec Parkings relais, en lien avec une gare Manduel TGV elle-même en liaison directe avec Alès.

Décidément l'intérêt des Nîmois et les vrais intérêts des Alésiens et Cévenols comptent bien peu.

En attendant, libre aux 97 % de Gogos (c'est à la mode) que nous sommes, de croire aux espoirs affichés de ceux qui nous amusent avec l'idée d'une gare TGV à Manduel ... dans quelques décennies. Ou encore avec l'idée d'une future mégalopole qui se développerait ... équitablement sur un large territoire articulé autour d'Alès-Nîmes et Montpellier

Il est pourtant facile de se rendre compte que dans les années 1994/95 (au temps de Jacques BLANC à la Présidence du Conseil Régional du Languedoc Roussillon), tous les trains, y compris les TGV - de plus en plus nombreux – n’avaient pas d’autre choix que de circuler sur l’artère historique Tarascon- Sète et donc de passer par Nîmes-centre et Montpellier-centre.

A cette époque, compte tenu des rames tractées unidirectionnelles et des appareils de voies essentiellement commandés "à l’ancienne", Il était compréhensible que pour désenclaver, quelque peu, les Cévennes - et pérenniser la voie ferrée Nîmes/Alès - un ouvrage ferroviaire (même onéreux et peu efficace) éviterait le point de rebroussement de Courbessac et supprimerait le cisaillement de voies par certaines rames TER descendant d’Alès. Dès lors, le viaduc se justifiait raisonnablement

Ce qui était implicitement sensé permettre aux Alésiens et Cévenols, un accès plus rapide aux quelques TGV s’arrêtant en gare de Nîmes-centre, mais surtout aussi à toutes les autres rames appelées à desservir la future gare régionale Montpellier Nouveau Saint Roch.

Mais depuis plusieurs années, les TER sont devenus bidirectionnels, la régulation des circulations de trains est de plus en plus automatisée et rationnelle, le contournement de Nîmes a été programmé et les besoins de circulation intra et périurbains sur rails se sont amplifiés. De ce fait, le « point de rebroussement de Nîmes-Courbessac » apparaît maintenant comme un atout potentiel majeur pour activer une infrastructure ferroviaire au bénéfice d’une très large frange de population. Une population dont l’habitat et les lieux d’activité ne se concentrent plus, au seul voisinage immédiat des gares centrales de Nîmes, Alès, etc., mais s’égrènent de plus en plus largement et densément entre celles-ci.

Ainsi donc, la donne a changé mais ... tant pis.

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