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07.03.2009

UNE GARE TGV À MANDUEL: UNE MAUVAISE IDÉE ?

Au nom de l’Association pour le développement des dessertes un courrier (Gazette du 5 au 11 mars 2009) de Monsieur TOURNECUILLERT, tout en critiquant les prises de position de Monsieur FOURNIER, estime qu’une gare à Manduel serait une mauvaise idée.

Bien au contraire, lorsque le contournement de Nîmes-Montpellier sera mis en service, les TGV ne passeront presque plus par Nîmes-centre. Et, si Nîmes/Alès ne veulent pas être, encore un peu plus, satellisés par Montpellier, une gare TGV à Manduel ou Garons s’impose, au plus tôt. Et cela dans l’intérêt d’un futur développement – équitable ! - de ce large territoire s’étendant autour de Nîmes/Alès, Arles et Montpellier.

Aux termes de ce courrier M. TOURNECUILLERT affirme :

1° Si les TGV continuaient de desservir Nîmes Feuchères au lieu d’emprunter le CNM (Contournement de Nîmes et Montpellier), « la perte de temps serait marginale ». Et que si les usagers gardois devaient accéder à Manduel pour des entrées/sorties TGV, alors « de centre- ville à centre ville, Paris sera à 3h3o de Nîmes au lieu de 3h (2h51) actuellement »

M. TOURNECUILLERT oublie de prendre en compte que les quelques rares TGV (2 ou 3 au maximum) qui , dans tous les cas de figure, continueront de desservir Nîmes-centre, circuleront obligatoirement sur l’artère historique jusqu’à LATTES (où devrait être implantée Montpellier TGV) voire même jusqu’à Montpelier Nouveau Saint Roch .
En réalité, dans ces conditions, la perte de temps, loin d’être « marginale », sera d’au moins 30/40 minutes par rapport aux TGV qui emprunteront logiquement le contournement de Nîmes. Et s’arrêteront à Manduel ou Garons TGV pour, de surcroît, desservir directement et rapidement Montpellier.
Par contre, contrairement aux supputations de M. TOURNECUILLERT, il est tout à fait certain qu’en prenant (ou quittant) les TGV à Manduel, les usagers gagneraient 45 minutes sur les durées actuelles (dixit scénario RFF). Par suite, Nîmes centre ville, via Manduel TGV (située à 5 /7 minutes de TER) ne sera qu’à 2h 20 min de Paris, au lieu des 2h 51 min actuels par la LGV Méditerranée. Tandis que les rames transitant par Nîmes-centre et l’artère historique seront, quant à elles, à 3h 30 min de Paris.

« L'accessibilité au TGV […] ne serait améliorée que pour quelques communes situées au sud-est de Nîmes, soit 25 000 habitants, mais cela compliquera la vie de tous les autres, soit 200 000 habitants »

A ce propos, un remarque supplémentaire s'impose : Quid de nos voisins de Beaucaire, Tarsacon, Arles, etc. ( 80 000 personnes et plus), qui ne comprendraient pas, s'ils en étaient informés que l'on ne veuille pas de gare à Manduel et donc ne pas leur leur faire gagner, à eux aussi, au moins une dizaine de minutes et surtout des accés en gare - tous moyens de déplacements confondus - particulièrement facilités ?

De plus, M. TOURNECUILLERT oublie de préciser que la raison essentielle de ce déficit d’usagers potentiels en sera le viaduc de Courbessac et que sa construction imminente (si elle est maintenue) signe définitivement la condamnation de toute gare TGV sur la voie nouvelle (que ce soit à Manduel ou Garons). Tout comme il ignore que TOUS les Gardois et habitants des départements limitrophes , notamment les Alésiens et Arlésiens , auront donc l’obligation de passer par Nîmes-Feuchères (que ce soit en train ou en voiture) pour accéder ou descendre des quelques rares TGV faisant le détour par cette gare. Puis de rejoindre Montpellier pour accéder, s’ils le souhaitent, aux autres TGV.

M. TOURNECUILLERT ne veut pas se rendre à l’évidence. Très bientôt, ce qui était encore compréhensible en 1994/95 (tous les trains, y compris les TGV - de plus en plus nombreux – n’avaient pas d’autre choix que de circuler sur l’artère historique Tarascon-Sète et donc de passer par Nîmes-centre et Montpellier-centre) ne le sera plus.
En effet, avec le contournement de Nîmes, outre les progrès techniques et informatiques fulgurants de ces dernières années, le point de rebroussement de Courbessac n’est plus du tout un handicap mais, bien au contraire, un atout clé. D’abord pour établir une liaison directe entre Alès et Manduel TGV (à tout le moins avec le contournement de Nîmes), ensuite, pour implanter une succession rationnelle de haltes-minutes et de parkings relais sur l’actuelle voie ferrée Nîmes-Alès (qui, d’Est en Ouest, traverse tout le Nord de la ville de Nîmes). Et donc, faciliterait, en durée et en fonctionnalité, de multiples liaisons en étoile .

M. TOURNECUILLERT devrait s’interroger objectivement : une gare multimodale qui serait implantée sur les délaissés de Nîmes-Courbessac/Serre Paradis, soit au véritable centre stratégique d’une étoile nîmoise ferroviaire, routière et autoroutière, desservirait directement un large territoire couvrant notamment les agglomérations d’Alès, Arles, Avignon, Remoulins/Bagnols et Montpellier (laquelle serait, de surcroît, très rapidement accessible par la ligne nouvelle). Autrement dit, il s’agirait d’une infrastructure qui faciliterait la vie à un potentiel d’au moins 400 000 personnes et non pas seulement 25 000. Somme toute, une superbe opportunité qui risque inéluctablement de s’évaporer.

«Un tram-train pour se rendre à la gare TGV de Manduel est incompatible avec la section Tarascon Nîmes»

Même si cela était rédhibitoire, rien n’empêchera, sur cette même voie, une liaison TER cadencée non seulement avec Nîmes Feuchères mais surtout aussi avec une précieuse halte-minute en gare de Nîmes-Courbessac-Pont de Justice (laquelle serait très facilement accessible de toutes parts et par tous moyens). En tout cas, un très court raccordement ferroviaire supplémentaire dédié à un tram-train serait facilement réalisable entre Manduel et Nîmes.


04.03.2009

Le futur prolongement ferroviaire Montpellier-Perpignan

La problématique ferroviaire nîmoise dont la construction d’un indispensable gare TGV à Manduel ou Garons - non pas seulement à Montpellier - doivent impérativement participer au prochain débat public préparatoire au futur prolongement ferroviaire Montpellier-Perpignan prévu pour 2020 voire plus tard.

Avant qu’il ne soit trop tard, saisissons cette superbe opportunité de développement immédiat et équitable de l’étoile ferroviaire nîmoise, au profit d’un large territoire englobant les pays d’Alès, Avignon, Arles, Nîmes et Montpellier.

Rendons-nous à l’évidence : en moins de 10 ans, les enjeux ferroviaires gardois et régionaux ont été bousculés. Les contournements de Nîmes, Montpellier sont devenus des réalités concrètes imminentes.

Malheureusement - ce n'est pas faute de les solliciter (des dizaines de lettres et mails envoyés tous azimuts) - quasiment personne parmi les décideurs et élus, ne fait un quelconque effort pour remettre sérieusement en cause des certitudes (?) qui ont, pour le moins, besoin d’être débattues en toute transparence.

Pourquoi donc presque personne ne veut prendre la peine de s'intéresser à ce dossier essentiel et d'en mesurer objectivement la faisabilité et l’impact ?

A ce jour, seul Monsieur Christian PETIT, nouveau Directeur régional de RESEAU FERRE DE FRANCE à accepté (nous le remercions) de jouer le jeu et de répondre longuement par écrit à divers éléments de notre proposition d'option Jean Bouin/Voie 104, autrement dit de Bîpôle Nîmes-Pont de Justice/Manduel TGV. Nous aurons l'occasion de revenir sur nos points de désaccord.


Les seuls élus qui nous ont reçus et promis de s'intéresser personnellement au dossier, et dont nous attendons une prise de position précise

Jean Paul Fournier, Sénateur-maire de Nîmes
Damien ALARY, Président du Conseil Général du Gard
Yvan Lachaud, Député du Gard
















01.03.2009

De 1994 à aujourd'hui, dans le Gard, les enjeux ferroviaires ont évolué

Indubitablement le viaduc de Courbessac (Jean Bouin) en rapprochant Alès de Montpellier par l'artère historique obligera les Alésiens et les Nîmois à se rendre sur Montpellier Nouveau Saint Roch pour accéder à la quasi totalité des TGV ... Quelle aubaine ... mais pour pour qui ?

Quasiment personne ne veut comprendre parmi les élus du Gard ( pourquoi tant de "naïveté" ?) que le viaduc de Courbessac (qui ne sera jamais électrifié) condamne par avance toute velléité de construction d'une Gare TGV sur Manduel (ou Garons) alors que 90% des TGV emprunteront désormais le contournement de Nîmes sans plus passer par Nîmes Feuchères

Et, au passage, adieu à une exploitation rationnelle (train tram) de la voie ferrée actuelle Nîmes-Alès-Nîmes... et à l'utilisation privilégiée des délaissés ferrovaires de la Route de Courbessac (au bas de Serre Pardis) pour y contruire une gare d'échange avec Parkings relais, en lien avec une gare Manduel TGV elle-même en liaison directe avec Alès.

Décidément l'intérêt des Nîmois et les vrais intérêts des Alésiens et Cévenols comptent bien peu.

En attendant, libre aux 97 % de Gogos (c'est à la mode) que nous sommes, de croire aux espoirs affichés de ceux qui nous amusent avec l'idée d'une gare TGV à Manduel ... dans quelques décennies. Ou encore avec l'idée d'une future mégalopole qui se développerait ... équitablement sur un large territoire articulé autour d'Alès-Nîmes et Montpellier

Il est pourtant facile de se rendre compte que dans les années 1994/95 (au temps de Jacques BLANC à la Présidence du Conseil Régional du Languedoc Roussillon), tous les trains, y compris les TGV - de plus en plus nombreux – n’avaient pas d’autre choix que de circuler sur l’artère historique Tarascon- Sète et donc de passer par Nîmes-centre et Montpellier-centre.

A cette époque, compte tenu des rames tractées unidirectionnelles et des appareils de voies essentiellement commandés "à l’ancienne", Il était compréhensible que pour désenclaver, quelque peu, les Cévennes - et pérenniser la voie ferrée Nîmes/Alès - un ouvrage ferroviaire (même onéreux et peu efficace) éviterait le point de rebroussement de Courbessac et supprimerait le cisaillement de voies par certaines rames TER descendant d’Alès. Dès lors, le viaduc se justifiait raisonnablement

Ce qui était implicitement sensé permettre aux Alésiens et Cévenols, un accès plus rapide aux quelques TGV s’arrêtant en gare de Nîmes-centre, mais surtout aussi à toutes les autres rames appelées à desservir la future gare régionale Montpellier Nouveau Saint Roch.

Mais depuis plusieurs années, les TER sont devenus bidirectionnels, la régulation des circulations de trains est de plus en plus automatisée et rationnelle, le contournement de Nîmes a été programmé et les besoins de circulation intra et périurbains sur rails se sont amplifiés. De ce fait, le « point de rebroussement de Nîmes-Courbessac » apparaît maintenant comme un atout potentiel majeur pour activer une infrastructure ferroviaire au bénéfice d’une très large frange de population. Une population dont l’habitat et les lieux d’activité ne se concentrent plus, au seul voisinage immédiat des gares centrales de Nîmes, Alès, etc., mais s’égrènent de plus en plus largement et densément entre celles-ci.

Ainsi donc, la donne a changé mais ... tant pis.